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  • Jean Christophe DECAUX

Le Bienheureux

Perché en haut de sa colline,

Il regarde les pèlerins passer.

Des pressés, des courts, des longs,

Des femmes, des hommes et quelques enfants.

Ils passaient par là,

Ils ont vu le Chemin et s'y sont engouffrés,

Les uns derrière les autres.

Longue fil qui se tend et se détend au fil des étapes.

Marcher pour aller voir ailleurs,

Ça va, ça vient, un rien y tient.

Tout ça, pour ça,

J'aurais mieux fait de rester chez moi,

Mais pour faire quoi,

Tourner en rond dans un siphon ?

Autant être là à les regarder passer.

Apprendre à les observer,

Et parfois distribuer une poupée,

Un bout de chiffon griffonné de quelques mots,

Une bouffée d'amour en torchon,

Pour essuyer quelques gouttes de sueur,

Éponger des histoires de douleur.

Combien s'en vont pour ne jamais revenir,

Très peu, si ce n'est aucun.

C'est ce que nous faisons tous,

Marché en rond sur nos chemins,

Là est notre destin.

Écrire des souvenirs, les étirer sur la page,

Et croire qu'ils changeront quelque chose.

Le bienheureux ne pense qu'à ça,

Il offre un sourire, un bonjour de ci, de là,

Et il rentre chez lui pour se coucher dans son lit,

Heureux du devoir accompli.

Il en va ainsi de sa vie.

Il danse parfois au milieu de la nuit

Pour la lune, les étoiles et ce qui s'en suit.

Il flotte au fil de ses envies,

Petit poisson au milieu d'un océan de perceptions,

Il ne comprend pas grand-chose à la situation.

Alors il sourit, histoire de faire bonne figure.

Il écoute les bruits du monde,

Il lève les yeux au ciel,

Colle son oreille à la terre,

En attendant des réponses.

Mais rien ne vient sans dissipation,

D'un épais brouillard dans son placard,

Qui chaque jour se referme sur un tableau noir.

Alors, il attend le jour suivant,

En espérant qu'il soit toujours vivant,

Pour regarder passer les gens.


Jean-Christophe

28/07/2023


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